Caribou + Junip – Cabaret sauvage

Publié le2 décembre 2010 par

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Le Cabaret Sauvage.
C’est un grand chapiteau tout polygonal.
Le périmètre est fait de niches contenant des tables et des bancs en bois d’arbres. En allant vers le centre, quelques marches et une grande piste de danse pour bal musette et free party.  La scène occupe le fond (un coin de cercle ?), en face il y a l’entrée et un grand bar. (Pour les bezakiens, c’est le Magic Mirror mais en version cargo).

C’est posé comme une tente sur le bord du canal de l’Ourq, dans le parc de la Villette, juste en dessous du périf’. Le Zénith du pauvre. La grande affiche sur le pont commence à battre de l’aile, et de loin on ne lit plus que SAUVAGE inscrit en lettres rouges sur le fond d’écran pas très jouasse qu’est Pantin.

Il fait un poil frette devant la cahutte. Il n’y a qu’une porte alors on se traine un peu. On parvient à l’intérieur alors que la première partie se termine (j’ai oublié qui c’était). Théo et sa moitié sont postés à la septième colonne en partant vers la gauche. Juste le temps de se biser et Junip s’installe.

On aurait du se méfier, ils ont posé une plante verte au milieu de la scène comme pour dire “on emménage”. Et ils n’ont pas qu’un peu squatté !
Je n’avais rien contre José Gonzalez jusqu’à ce jour, je trouve même que ce qu’il fait est plutôt pas mal, mais là on s’est bouffé 5h40 (en temps ressenti, 1h15 en temps réel) d’attente téléphonique pour agence de voyage paumée en Scanie. Tout bien, hein, des petites percus, des congas, les accords du bonheur, un batteur pas trop violent, une guitare bien sèche, un synthé poli, des chemises à carreau avec écrit sur l’étiquette “néo-indie-pop – laver séparément”.
Le pied intégral que je vous dis, un cuite au tropico-limonade, une défonce au thé rouge.
Je lui en voulais à José, ça m’a fait hérisser le poil à l’intérieur. Je l’ai maudit à chaque morceau.

Il y a fallu ensuite qu’ils démontent tout leur bordel et que Caribou s’installe. On a pesté en pintant, grognons comme des Français.

Et puis Caribou a commencé, et ça a tout relavé. Oubié Junip ! José tu viens manger à la maison quand tu veux !
Les cools chansons du disque se muent en tranchantes et énergiques performances. Le batteur est d’une précision hallucinante, doublé de temps en temps par le chanteur himself (qui a sa petite batterie perso). Le son est énorme et tout le monde est fou dès la deuxième chanson.

Pas de fioriture : t-shirts blancs, quelques spots, un vieux fond de décor projeté mais pas trop exploité. Tout pour mettre en avant la grosse claque musicale qu’ils entendent nous mettre.

Pour vous donner une idée (comme d’hab, pas de vidéo valable du concert où j’étais) :

Odessa en avant dernier morceau et un Sun de 10 minutes pour nous achever en beauté… ça hurlait dans tous les coins. J’ai même eu un mouvement de hanche (ce qui ne m’était pas arrivé au moins depuis 1978, le fameux concert des Martin Circus en première partie de Dave).

On est sorti heureux et réchauffés, on a été accueilli par des flocons, comme si un grand faiseur de singeries avait voulu nous enfermer dans une boule à neige pleine de miniatures métalliques en guise de décor. Le froid nous a repris mais serrait moins fort. Les échos de notre coup de soleil battaient encore à nos tempes, nos tympans jouaient les delay et rendaient une dernière fois l’écho d’un son étrange avant que nous ne nous enfoncions pour de bon dans l’escalier du métro, le sourire aux lèvres installé pour 3 jours.

Nico

Publié dans : En vrai, Musique